Qui êtes-vous ?

les yeux fermés rien n'existe les yeux fermés tout disparaît

mardi 20 septembre 2016

lettre

Nouvelle écrite dans le cadre du concours d'écriture : c'est la fin




C'est la fin. C'est impossible de te le dire de vive voix, impossible en même temps de continuer.
Je t'ai vraiment aimée. Tant que je ne pensais pas que cela s'épuiserait, qu'il y aurait un avant, un pendant et un après. Je ne croyais pas à un toujours, mais ce temps là avec toi a tout suspendu. J'aimais ton corps, ton esprit, tes manières, tes exigences, et tout autant tes lâchetés, tes goûts, ton sexe, tes bras, ta voix, ton regard, tes seins, tes silences, tes cuisses, tes mains, ta langue. Je ne sais pas si cela sera possible qu'on devienne amies ou je ne sais quelle genre de relation, mais je voudrais te voir vieillir, toujours être près de toi.
L'évidence des sentiments, la joie d'être avec toi, de ne jamais me lasser de te le dire et de te l'entendre me le dire. C'est encore là, mais pas dans le présent, palpable. J'ai toujours en mémoire : les premiers mots, la rencontre, nos corps, encore et encore, les mémoires mélangées, le parcours enlacé, les lectures échangées, les rires, les danses, les marches pour nos droits, les cadeaux, nos mots, clins d’œil, chansons, rituels, appels du soir et les frissons des matins. Je préfèrerais tellement être encore dans la fusion, ou même moins, mais être dans tes bras et ne pas me poser de questions. Je voudrais que le quotidien si doux me porte encore, que les discussions, mises au point où à chaque fois on était plus fortes, plus proches, plus délicieusement tournées vers l'autre, soient vivantes en moi.
C'est différent. Il n'y a pas de colère, de reproche, d'incompréhension, de demande, juste plus d'envie, plus de désir, plus trop de joie.
Je n'ai tellement pas envie de la peine en cours, que mes mots, en plus écrits, te fassent du mal, mais je ne vois pas comment faire autrement. Précédemment, prendre sur soi, ne plus le pouvoir, que cela éclate et les mises à plat, ça a été le bon mode d'emploi, mais là, je suis lasse. Oh pas de toi. Pas du tout. Tu es toujours la même femme, la même belle personne. Non, c'est de la relation dont je suis lasse. Je voudrais ressentir encore, vibrer quand tu me regardes, me touches, mais je ne suis plus physiquement concernée, et l'enfoncement dans le rien m'apparait.
Ce qui est triste surtout, c'est que tout indique que toi, tu y es encore. Je suis vraiment désolée de mon détachement, mais je ne peux pas m'oublier. Il y a bien sûr plein d'éléments pratiques à régler, mais surtout je voudrais que tu me dises ce que je peux faire pour que cela soit le plus léger pour toi ou le moins pénible. Je ne vais pas changer d'avis, j'y ai beaucoup réfléchi, me suis demandé si cela était le symptôme d'un malaise plus général. Ce n'est pas le cas. Je voudrais tellement ne pas le ressentir. Mais me voilà avec ces mots devant toi, qui disent je t'aime et je ne t'aime plus. C'est la fin.

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