Qui êtes-vous ?

les yeux fermés rien n'existe les yeux fermés tout disparaît

lundi 28 novembre 2016

Rencontre // 10 décembre - 19h-21h // Montreuil sur Livres // La langue des oiseaux



Dans le cadre de Montreuil sur Livres, venez me rencontrer et faire dédicacer votre exemplaire de La langue des oiseaux, sur le stand des Éditions Cambourakis.

La langue des oiseaux :
« Ces tests entrepris au départ pour elle, dans un dialogue qui poursuivait les sous-entendus de nos face-à-face, je les ai continués pour mettre derrière moi ce qui m’a tellement bouleversée, quitter le ressassement du souvenir et des regrets, tourner la page par et avec les mots. »
Quelques poèmes et un carnet de tests qui jouent avec les codes et l’imaginaire féministe, et revisitent les différentes étapes de l’état amoureux.
Un questionnaire poétique, oulipien, drôle et engagé, auquel la lectrice, le lecteur est invitéE à répondre.
http://www.cambourakis.com/spip.php?article716

 
Montreuil sur Livres :
Brunch littéraire, vin chaud, salon du livre, espace enfants, expo, ping pong toute la journée, DJ set et concerts le soir...
https://www.facebook.com/events/1805609369651883/?active_tab=discussion




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mardi 20 septembre 2016

lettre

Nouvelle écrite dans le cadre du concours d'écriture : c'est la fin




C'est la fin. C'est impossible de te le dire de vive voix, impossible en même temps de continuer.
Je t'ai vraiment aimée. Tant que je ne pensais pas que cela s'épuiserait, qu'il y aurait un avant, un pendant et un après. Je ne croyais pas à un toujours, mais ce temps là avec toi a tout suspendu. J'aimais ton corps, ton esprit, tes manières, tes exigences, et tout autant tes lâchetés, tes goûts, ton sexe, tes bras, ta voix, ton regard, tes seins, tes silences, tes cuisses, tes mains, ta langue. Je ne sais pas si cela sera possible qu'on devienne amies ou je ne sais quelle genre de relation, mais je voudrais te voir vieillir, toujours être près de toi.
L'évidence des sentiments, la joie d'être avec toi, de ne jamais me lasser de te le dire et de te l'entendre me le dire. C'est encore là, mais pas dans le présent, palpable. J'ai toujours en mémoire : les premiers mots, la rencontre, nos corps, encore et encore, les mémoires mélangées, le parcours enlacé, les lectures échangées, les rires, les danses, les marches pour nos droits, les cadeaux, nos mots, clins d’œil, chansons, rituels, appels du soir et les frissons des matins. Je préfèrerais tellement être encore dans la fusion, ou même moins, mais être dans tes bras et ne pas me poser de questions. Je voudrais que le quotidien si doux me porte encore, que les discussions, mises au point où à chaque fois on était plus fortes, plus proches, plus délicieusement tournées vers l'autre, soient vivantes en moi.
C'est différent. Il n'y a pas de colère, de reproche, d'incompréhension, de demande, juste plus d'envie, plus de désir, plus trop de joie.
Je n'ai tellement pas envie de la peine en cours, que mes mots, en plus écrits, te fassent du mal, mais je ne vois pas comment faire autrement. Précédemment, prendre sur soi, ne plus le pouvoir, que cela éclate et les mises à plat, ça a été le bon mode d'emploi, mais là, je suis lasse. Oh pas de toi. Pas du tout. Tu es toujours la même femme, la même belle personne. Non, c'est de la relation dont je suis lasse. Je voudrais ressentir encore, vibrer quand tu me regardes, me touches, mais je ne suis plus physiquement concernée, et l'enfoncement dans le rien m'apparait.
Ce qui est triste surtout, c'est que tout indique que toi, tu y es encore. Je suis vraiment désolée de mon détachement, mais je ne peux pas m'oublier. Il y a bien sûr plein d'éléments pratiques à régler, mais surtout je voudrais que tu me dises ce que je peux faire pour que cela soit le plus léger pour toi ou le moins pénible. Je ne vais pas changer d'avis, j'y ai beaucoup réfléchi, me suis demandé si cela était le symptôme d'un malaise plus général. Ce n'est pas le cas. Je voudrais tellement ne pas le ressentir. Mais me voilà avec ces mots devant toi, qui disent je t'aime et je ne t'aime plus. C'est la fin.

vendredi 9 septembre 2016

Après l'arc-en-ciel

 ... Le début d'une nouvelle aventure, une nouvelle écriture ...



Je l'ai vu. C'est sa voix que j'ai reconnue tout de suite. Il était de dos, commandait je ne sais plus quels légumes. Des tomates ? Je l'ai détaillé. Je ne m'attendais pas à ça. Puis il a été de profil, c'était bien lui. J'ai reculé, pour m'exfiltrer, mais ce n'était pas à moi de le faire. Ça a duré encore un moment, nos regards ne se sont pas croisés. Le trou dans ses cheveux avait augmenté, il n'était pas si grand, pas bien habillé, vieux. Il est parti. J'ai récupéré mon colis. Ça a pris à peine une minute. Je suis sortie, je l’ai vu s'éloigner dans la rue. J'ai pensé que je pourrais le suivre pour savoir où il habitait. Mais à quoi bon, je savais déjà qui c'était.
Depuis ce vendredi 23 juillet, ça tourne en boucle. Il dirait : ressasser.
Je n'ai jamais parlé de ce soir de printemps 2008. J'ai subi un viol par deux hommes. Je n'ai pas porté plainte. Je ne pouvais pas. Je ne me souviens pas exactement. En fait non, je me souviens exactement de certains moments et d'autres sont comme projetés. Il y a des blancs aussi.
Je ne veux pas me souvenir exactement. Je veux pouvoir sortir de chez moi, je veux pouvoir aller faire des courses, me balader, sans que tout m’y ramène. Je veux que ma vie ne se réduise pas à ça.


C’est froid. Et rugueux à force. Tu épluches tes pieds méthodiquement. Tu suis ton protocole. À gauche, tu racles, soulèves, arraches. Tu frottes la douleur. Tes doigts passent à droite. Tu cherches l’espace disponible entre les cicatrices. Tu tires et respires. Tu lèches. Tu recommences. Tu caresses la peau trouée. Doucement tu profites de celle durcie pour creuser plus loin. Doucement tu ressens les difficultés à venir. Le prolongement. Tu n’as pas beaucoup d’imagination. Ce que tu perçois, tu l’as déjà vécu. C’est un rituel, une aide pour tenir. Tu as essayé de faire sans, mais il n’y a pas moyen. Comme finalement cela te porte, cela ne peut pas faire vraiment mal. En tous cas comme tu l’entends. Cette douleur, si elle n’efface pas ta peine, elle va devant, fait comme une passerelle vers le monde. Une fois les premières croûtes formées tu t’y remets. Encore plus de tiraillements vers des souvenirs inconscients. Surgit encore une plainte froissée. Mais tu tiens la distance. Après avoir repassé une dernière fois en revue tes pieds-puzzles, tu t’allonges. Tu regardes le sang coincé sous les ongles. Les doigts filent sous ton regard. Ils sont comme des images déposées-là par hasard. Tu vois autre chose, mais tu n’es pas disponible aux sentiments. Puis tu attends, les pieds tendus. Le reste du corps relâché, vis l’accomplissement de la satisfaction. Tu espères le sommeil, mais même l’habitude de la blessure ne t’y amène pas. Tu es quand même à l’aise, tu flottes à valeur égale de ton lit. Tes mains sur le torse, tu es bercé par la respiration. Aspiration, expiration, aspiration. Tu te demandes si un langage fait de souffle a vu le jour. Tu es tout entier dans ce moment. Plein de la découverte sans cesse recommencée du plaisir de la volonté. Tu es captif de l’immédiat. Tu le portes au bout des doigts. C’est ton point d’équilibre. Tu penses que c’est le bon chemin. C’est le seul que tu as envie de parcourir. Où la perte n’est pas inutile. Tu ne sais pas si le sang allège, ou plutôt tu te fiches des considérations psychologiques. Ce n’est pas vraiment ton domaine de prédilection. Pour toi, c’est autant un signe, un passage, qu’un baume. Cela exprime par la feinte ce que tu es.

Tu finis par lâcher-prise et le sommeil te prend pour plusieurs heures. Tu te réveilles, mais tu ne bouges pas. Les yeux fermés, tu essaies de capter ton espace. Il y a les bruits de la cour qui coupent le silence, la douceur de la literie, le désordre sur le chevet, l’odeur d’agrumes laissée par la bougie d’hier.

Le corps à peine mouvant, tu ouvres les yeux. Ton regard se pose en suivant l’histoire construite à l’instant. Tu vois, des passant-e-s traverser la cour, ton corps moulé dans le cocon de la couette, des livres mélangés aux objets du quotidien, une bougie posée seule sur la table. Tu n’es pas déçu. Tes pieds sont tendus. Tu te prépares pour te lever et tu appréhendes le contact avec le sol. Tu t’installes dans un semblant de position du lotus. Tu te caresses en suivant un parcours familier : le cuir chevelu, les pommettes, les épaules, le torse, les flancs. Puis tu glisses sur les pieds. Viennent immédiatement des frissons. La peau y est morcelée, pleine de bosses, de fissures.

Tu déplies tes jambes, tu poses les pieds à terre. La phase II du protocole va commencer.


[...]

lundi 20 juin 2016

Rencontre // 9 juillet - 14h-18h // Mairie du 3e Paris // La langue des oiseaux

Dans le cadre du 5e Salon du Livre Lesbien, organisé par le Centre LGBT
je serai présente pour une rencontre/dédicace autour de La langue des oiseaux.








 
et aussi :
de 16h15 à 17h15 - débat « Nouveaux espaces littéraires : voix et voies de la thématique lesbienne » avec Gaëlle Carrion (maison d'édition Reines de Cœur), Muriel Douru, Rachel Easterman-Ulmann, Sylvie Géroux, Suzette Robichon et animé par Lise Desceul (dans la Salle Valla du 4e étage)



Samedi 9 juillet 2016 de 14 heures à 18 heures.
Mairie du 3e arrondissement de Paris
Salle O. Pilpoul - 2e étage
2 rue Eugène Spuller, 75003 Paris
L’entrée du Salon est gratuite.

+ d'infos sur ici et sur l’évènement Facebook.

jeudi 19 mai 2016

Rencontre // 2 JUIN 2016 // La langue des oiseaux

Soirée Love and Rage autour de la collection Sorcières des éditions Cambourakis. 
Avec 
Isabelle Cambourakis, la directrice de la collection, 
Rachel Easterman-Ulmann autrice de La langue des oiseaux
Jade Lindgaard préfacière du nouvel essai de Starhawk Chroniques altermondialistes

Jeudi 2 juin 2016 à 19 heures
Librairie Les mots à la bouche
6 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, IV° Paris

mardi 10 mai 2016

21 mois

D'espérance

C'est
Les mots multiples du lien
Les rêves d'arc-en-ciel
Ton sourire qui appelle le mien


Sans distance

C'est
La mémoire des corps
Les histoires sous la peau
Le geste qui tremble vers toi


D'évidence

C'est
L'amour dans tes yeux
L'amour dans ta voix
L'amour dans tes bras

mercredi 4 mai 2016

La langue des oiseaux // disponible en librairie




C'est aujourd'hui, le premier jour de mon livre,
La langue des oiseaux, éditions Cambourakis
J'espère qu'il fera de belles rencontres

 



jeudi 28 avril 2016

03h32

Les regards perdus des morts/mortes sont des trésors précieux
qu'on étreint dans l'insoumission sans détour


Les mots suspendus des morts/mortes sont des silences furieux
qu'on porte dans l'idée de l'amour pour toujours


Les gestes perdus des morts/mortes sont des repères mystérieux
qu'on leste dans la tristesse sans atour


 
Les morts/mortes en soi composent des peines infinis 

vendredi 15 avril 2016

La langue des oiseaux

sous la peau des mots, le cœur toujours 
  


Le 4 mai prochain, parution de La langue des oiseaux.


« Ces tests entrepris au départ pour elle, dans un dialogue qui poursuivait les sous-entendus de nos face-à-face, je les ai continués pour mettre derrière moi ce qui m’a tellement bouleversée, quitter le ressassement du souvenir et des regrets, tourner la page par et avec les mots. »

Quelques poèmes et un carnet de tests qui jouent avec les codes
 et l’imaginaire féministe, et revisitent les différentes étapes de l’état amoureux. 
Un questionnaire poétique, oulipien, drôle et engagé, 
auquel la lectrice, le lecteur est invitéE à répondre.



Dessin de couverture : Billy Serib