Qui êtes-vous ?

les yeux fermés rien n'existe les yeux fermés tout disparaît

vendredi 9 juin 2017

Collaboration avec le Centre Pompidou - Second acte

Sur l'invitation du Centre Pompidou, j'ai écrit des tests sur les collections permanentes et le Musée.




Le jeudi 15 juin, dans le cadre de l'évènement Museum Live « Les péchés capitaux » du Centre Pompidou, un de ces tests sera distribué, en format papier, aux visiteurs/trices. 
Une visite thématique (gratuite) autour de ce test, est proposée.






 ► QUEL VICE VOUS CONSUME ?
Niveau 4
19h-20h50 RDV salles 2, 3, 5, 8, 9, 11 Questionnaire de Rachel Easterman-Ulmann : traversez les collections contemporaines entre vices et péchés, choisissez votre œuvre…


Toutes les informations dans l’évènement facebook.


vendredi 2 juin 2017

Rencontre // 28 juin // Bar'Ouf Paris // La langue des oiseaux

Autour du livre "La langue des Oiseaux", je vous propose une lecture participative de deux tests, dont l'un inédit. De "quelle humidité" à "quelle amoureuse" êtes-vous ? 
Venez répondre à ces questionnaires poétiques, lesbiens, drôles et engagés, sur les désirs et les sentiments.





  • « Ces tests entrepris au départ pour elle, dans un dialogue qui poursuivait les sous-entendus de nos face-à-face, je les ai continués pour mettre derrière moi ce qui m’a tellement bouleversée, quitter le ressassement du souvenir et des regrets, tourner la page par et avec les mots. »
  • La langue des Oiseaux, Rachel Easterman-Ulmann, Éditions Cambourakis, 2016


https://www.facebook.com/events/1271934622926203


          Le Bar'Ouf
          182 rue Saint-Martin, Paris 3°
           20h 
          Entrée libre et gratuite (consommation encouragée). 
          Ouvert à tout.e.s.


Retrouvez tous les événements organisés dans le cadre du 6e Salon du Livre Lesbien sur Facebook : https://www.facebook.com/SLL2017/

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Je serais présente pour dédicacer mon livre lors du 6e Salon du Livre Lesbien (du Centre LGBT Paris IdF) le 1er juillet 2017, Mairie du 3e arrondissement à Paris.





dimanche 5 février 2017

Attache


dans cet après
où les souvenirs se mêlent aux regrets
des couleurs ne restent que la douleur
ton nom franchit les pensées enfuies
dans le sourire figé de l'amour ravalé

dans ce présent
où les images se cachent dans les mots
des fleurs ne restent même pas l'odeur
ton nom efface les pensées croisées.
dans le sourire crispé de l'amour consolé

dans l'incertain
où l'absence refait surface
des saisons ne restent que la floraison
ton nom s'échappe des pensées vivantes
dans le sourire délié de l'amour apaisé

dimanche 22 janvier 2017

Collaboration pour les 40 ans du Centre Georges Pompidou




Sur l'invitation du Centre Pompidou, j'ai écris des tests sur les collections permanentes et le Musée.

Le samedi 4 février, à l’occasion du 40ième anniversaire du Centre Pompidou, deux de ces tests seront distribués, en format papier, aux visiteurs/trices. Des visites thématiques (gratuites) autour de ces tests, sont proposées toute la journée.


Quelle moustache êtes-vous ?
Départ niveau 5, entrée du Musée

12h, 13h, 14h, 15h, 16h, 17h, 18h, 19h

Quel âge est le vôtre ?
Départ Forum

12h30, 13h30, 14h30, 15h30, 16h30, 17h30, 18h30, 19h30






 


















Toutes les informations dans l’évènement facebook.

lundi 28 novembre 2016

Rencontre // 10 décembre - 19h-21h // Montreuil sur Livres // La langue des oiseaux



Dans le cadre de Montreuil sur Livres, venez me rencontrer et faire dédicacer votre exemplaire de La langue des oiseaux, sur le stand des Éditions Cambourakis.

La langue des oiseaux :
« Ces tests entrepris au départ pour elle, dans un dialogue qui poursuivait les sous-entendus de nos face-à-face, je les ai continués pour mettre derrière moi ce qui m’a tellement bouleversée, quitter le ressassement du souvenir et des regrets, tourner la page par et avec les mots. »
Quelques poèmes et un carnet de tests qui jouent avec les codes et l’imaginaire féministe, et revisitent les différentes étapes de l’état amoureux.
Un questionnaire poétique, oulipien, drôle et engagé, auquel la lectrice, le lecteur est invitéE à répondre.
http://www.cambourakis.com/spip.php?article716

 
Montreuil sur Livres :
Brunch littéraire, vin chaud, salon du livre, espace enfants, expo, ping pong toute la journée, DJ set et concerts le soir...
https://www.facebook.com/events/1805609369651883/?active_tab=discussion




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mardi 20 septembre 2016

lettre

Nouvelle écrite dans le cadre du concours d'écriture : c'est la fin




C'est la fin. C'est impossible de te le dire de vive voix, impossible en même temps de continuer.
Je t'ai vraiment aimée. Tant que je ne pensais pas que cela s'épuiserait, qu'il y aurait un avant, un pendant et un après. Je ne croyais pas à un toujours, mais ce temps là avec toi a tout suspendu. J'aimais ton corps, ton esprit, tes manières, tes exigences, et tout autant tes lâchetés, tes goûts, ton sexe, tes bras, ta voix, ton regard, tes seins, tes silences, tes cuisses, tes mains, ta langue. Je ne sais pas si cela sera possible qu'on devienne amies ou je ne sais quelle genre de relation, mais je voudrais te voir vieillir, toujours être près de toi.
L'évidence des sentiments, la joie d'être avec toi, de ne jamais me lasser de te le dire et de te l'entendre me le dire. C'est encore là, mais pas dans le présent, palpable. J'ai toujours en mémoire : les premiers mots, la rencontre, nos corps, encore et encore, les mémoires mélangées, le parcours enlacé, les lectures échangées, les rires, les danses, les marches pour nos droits, les cadeaux, nos mots, clins d’œil, chansons, rituels, appels du soir et les frissons des matins. Je préfèrerais tellement être encore dans la fusion, ou même moins, mais être dans tes bras et ne pas me poser de questions. Je voudrais que le quotidien si doux me porte encore, que les discussions, mises au point où à chaque fois on était plus fortes, plus proches, plus délicieusement tournées vers l'autre, soient vivantes en moi.
C'est différent. Il n'y a pas de colère, de reproche, d'incompréhension, de demande, juste plus d'envie, plus de désir, plus trop de joie.
Je n'ai tellement pas envie de la peine en cours, que mes mots, en plus écrits, te fassent du mal, mais je ne vois pas comment faire autrement. Précédemment, prendre sur soi, ne plus le pouvoir, que cela éclate et les mises à plat, ça a été le bon mode d'emploi, mais là, je suis lasse. Oh pas de toi. Pas du tout. Tu es toujours la même femme, la même belle personne. Non, c'est de la relation dont je suis lasse. Je voudrais ressentir encore, vibrer quand tu me regardes, me touches, mais je ne suis plus physiquement concernée, et l'enfoncement dans le rien m'apparait.
Ce qui est triste surtout, c'est que tout indique que toi, tu y es encore. Je suis vraiment désolée de mon détachement, mais je ne peux pas m'oublier. Il y a bien sûr plein d'éléments pratiques à régler, mais surtout je voudrais que tu me dises ce que je peux faire pour que cela soit le plus léger pour toi ou le moins pénible. Je ne vais pas changer d'avis, j'y ai beaucoup réfléchi, me suis demandé si cela était le symptôme d'un malaise plus général. Ce n'est pas le cas. Je voudrais tellement ne pas le ressentir. Mais me voilà avec ces mots devant toi, qui disent je t'aime et je ne t'aime plus. C'est la fin.

vendredi 9 septembre 2016

Après l'arc-en-ciel

 ... Le début d'une nouvelle aventure, une nouvelle écriture ...



Je l'ai vu. C'est sa voix que j'ai reconnue tout de suite. Il était de dos, commandait je ne sais plus quels légumes. Des tomates ? Je l'ai détaillé. Je ne m'attendais pas à ça. Puis il a été de profil, c'était bien lui. J'ai reculé, pour m'exfiltrer, mais ce n'était pas à moi de le faire. Ça a duré encore un moment, nos regards ne se sont pas croisés. Le trou dans ses cheveux avait augmenté, il n'était pas si grand, pas bien habillé, vieux. Il est parti. J'ai récupéré mon colis. Ça a pris à peine une minute. Je suis sortie, je l’ai vu s'éloigner dans la rue. J'ai pensé que je pourrais le suivre pour savoir où il habitait. Mais à quoi bon, je savais déjà qui c'était.
Depuis ce vendredi 23 juillet, ça tourne en boucle. Il dirait : ressasser.
Je n'ai jamais parlé de ce soir de printemps 2008. J'ai subi un viol par deux hommes. Je n'ai pas porté plainte. Je ne pouvais pas. Je ne me souviens pas exactement. En fait non, je me souviens exactement de certains moments et d'autres sont comme projetés. Il y a des blancs aussi.
Je ne veux pas me souvenir exactement. Je veux pouvoir sortir de chez moi, je veux pouvoir aller faire des courses, me balader, sans que tout m’y ramène. Je veux que ma vie ne se réduise pas à ça.


C’est froid. Et rugueux à force. Tu épluches tes pieds méthodiquement. Tu suis ton protocole. À gauche, tu racles, soulèves, arraches. Tu frottes la douleur. Tes doigts passent à droite. Tu cherches l’espace disponible entre les cicatrices. Tu tires et respires. Tu lèches. Tu recommences. Tu caresses la peau trouée. Doucement tu profites de celle durcie pour creuser plus loin. Doucement tu ressens les difficultés à venir. Le prolongement. Tu n’as pas beaucoup d’imagination. Ce que tu perçois, tu l’as déjà vécu. C’est un rituel, une aide pour tenir. Tu as essayé de faire sans, mais il n’y a pas moyen. Comme finalement cela te porte, cela ne peut pas faire vraiment mal. En tous cas comme tu l’entends. Cette douleur, si elle n’efface pas ta peine, elle va devant, fait comme une passerelle vers le monde. Une fois les premières croûtes formées tu t’y remets. Encore plus de tiraillements vers des souvenirs inconscients. Surgit encore une plainte froissée. Mais tu tiens la distance. Après avoir repassé une dernière fois en revue tes pieds-puzzles, tu t’allonges. Tu regardes le sang coincé sous les ongles. Les doigts filent sous ton regard. Ils sont comme des images déposées-là par hasard. Tu vois autre chose, mais tu n’es pas disponible aux sentiments. Puis tu attends, les pieds tendus. Le reste du corps relâché, vis l’accomplissement de la satisfaction. Tu espères le sommeil, mais même l’habitude de la blessure ne t’y amène pas. Tu es quand même à l’aise, tu flottes à valeur égale de ton lit. Tes mains sur le torse, tu es bercé par la respiration. Aspiration, expiration, aspiration. Tu te demandes si un langage fait de souffle a vu le jour. Tu es tout entier dans ce moment. Plein de la découverte sans cesse recommencée du plaisir de la volonté. Tu es captif de l’immédiat. Tu le portes au bout des doigts. C’est ton point d’équilibre. Tu penses que c’est le bon chemin. C’est le seul que tu as envie de parcourir. Où la perte n’est pas inutile. Tu ne sais pas si le sang allège, ou plutôt tu te fiches des considérations psychologiques. Ce n’est pas vraiment ton domaine de prédilection. Pour toi, c’est autant un signe, un passage, qu’un baume. Cela exprime par la feinte ce que tu es.

Tu finis par lâcher-prise et le sommeil te prend pour plusieurs heures. Tu te réveilles, mais tu ne bouges pas. Les yeux fermés, tu essaies de capter ton espace. Il y a les bruits de la cour qui coupent le silence, la douceur de la literie, le désordre sur le chevet, l’odeur d’agrumes laissée par la bougie d’hier.

Le corps à peine mouvant, tu ouvres les yeux. Ton regard se pose en suivant l’histoire construite à l’instant. Tu vois, des passant-e-s traverser la cour, ton corps moulé dans le cocon de la couette, des livres mélangés aux objets du quotidien, une bougie posée seule sur la table. Tu n’es pas déçu. Tes pieds sont tendus. Tu te prépares pour te lever et tu appréhendes le contact avec le sol. Tu t’installes dans un semblant de position du lotus. Tu te caresses en suivant un parcours familier : le cuir chevelu, les pommettes, les épaules, le torse, les flancs. Puis tu glisses sur les pieds. Viennent immédiatement des frissons. La peau y est morcelée, pleine de bosses, de fissures.

Tu déplies tes jambes, tu poses les pieds à terre. La phase II du protocole va commencer.


[...]